Project Motor Racing : une simulation exigeante qui ne pardonne rien

Lancer un jeu de course, pour moi, c’est souvent synonyme de détente. Quelques tours, un peu de vitesse, une belle trajectoire et cette sensation agréable de progresser sans trop y penser. Avec Project Motor Racing, l’expérience a été bien différente dès les premières minutes.
Je pensais lancer une course rapide, juste pour prendre mes marques. Quelques tours, histoire de voir le feeling à la manette… et je me suis retrouvé à lutter pour garder la voiture proprement sur la piste. Pas de glissade spectaculaire maîtrisée, pas de rattrapage héroïque à la Forza. Non, une sortie un peu large, un freinage mal dosé et tout s’effondre !
Le scénario est presque toujours le même : je pars confiant, je tiens deux ou trois virages proprement, puis j’attaque un peu trop… et je me retrouve à corriger, à perdre du temps, parfois à sortir complètement de la trajectoire. Et là, c’est le soulagement quand un tour se termine sans erreur (ce qui n’arrive pas si souvent au début, soyons honnêtes). Pas l’euphorie, juste le fameux « ok… ça, c’était propre ».
Et c’est là que Project Motor Racing devient intéressant. Parce que derrière cette exigence parfois frustrante, il y a une vraie sensation de progression. À condition d’accepter ses règles… car le jeu affiche clairement son ambition : proposer une simulation automobile rigoureuse, pensée pour celles et ceux qui recherchent précision et authenticité. Une approche qui peut séduire… ou déstabiliser.
Histoire
Project Motor Racing ne propose pas de scénario au sens classique du terme. Il ne s’agit pas de suivre un pilote à travers une narration scénarisée ou de vivre une progression écrite à l’avance. Ici, l’expérience repose avant tout sur la compétition et la construction d’un parcours dans le sport automobile professionnel.
Le mode Carrière constitue le cœur de cette approche. Le joueur débute avec un budget défini, choisit son point d’ancrage et sélectionne les championnats auxquels il souhaite participer. Chaque engagement implique des frais d’inscription, des coûts de déplacement et d’éventuelles réparations en cas d’incident.
Des sponsors peuvent être choisis selon différents modèles économiques, apportant un soutien financier plus ou moins stable selon les performances réalisées. La progression ne repose donc pas uniquement sur les résultats en piste, mais également sur la gestion stratégique des ressources disponibles.
L’ensemble vise à reproduire les enjeux du sport automobile moderne, où la performance sportive et la gestion financière restent étroitement liées.
Présentation
Project Motor Racing est une simulation automobile développée par Straight4 Studios et éditée par GIANTS Software. Le jeu propose plus de soixante-dix voitures sous licence, réparties en plusieurs catégories allant des GT modernes aux prototypes d’endurance, mais en passant aussi par des modèles historiques.
Côté circuits, le titre propose plus d’une vingtaine de tracés internationaux, déclinés en plusieurs configurations. Des noms comme Spa-Francorchamps, Nürburgring Nordschleife, Monza ou encore Daytona donnent immédiatement le ton : on est ici dans un univers très ancré dans la compétition réelle.
Le cœur technique repose sur un moteur physique maison baptisé Hadron, pensé pour reproduire avec précision le comportement des véhicules, notamment en ce qui concerne les transferts de masse, l’adhérence et la gestion des pneus. À cela s’ajoute un système dynamique, True2Track, qui fait évoluer l’état de la piste en fonction de la météo et du passage des voitures.

Le mode Carrière occupe une place centrale dans l’expérience. Il propose une progression structurée autour d’un budget à gérer, de championnats à sélectionner et de sponsors à choisir. Chaque engagement implique des coûts, et les performances influencent directement les ressources disponibles pour la suite.
En solo, il est possible de configurer les week-ends de course avec essais, qualifications et course principale. Le jeu propose également un mode multijoueur organisé autour d’un système de licence et de classement, avec cross-play entre les plateformes compatibles.
Mon avis
Je préfère le redire clairement : je ne suis pas un spécialiste du sim racing. Je joue à des jeux de course pour le plaisir, pas pour reproduire des conditions réelles de championnat. Je n’ai pas de volant, pas d’installation dédiée. Tout s’est fait à la DualSense sur PS5. Et malgré ça, Project Motor Racing fonctionne, mais il ne fait aucun cadeau….
Un freinage un peu trop tardif et je me retrouve trop large sur la trajectoire… Une accélération un peu trop brutale et la voiture commence à glisser… Si j’entre un peu trop vite dans un virage, je perds le contrôle… Il n’y a pas de correction magique, pas d’aide invisible qui rattrape mes erreurs. Quand je me rate, c’est immédiatement visible…

Ce qui m’a marqué, c’est la tension constante. Je ne peux pas me permettre de relâcher mon attention. Chaque virage demande d’être concentré. Chaque ligne droite prépare déjà le prochain freinage. Ce n’est pas épuisant, mais ça demande un vrai engagement.
Et quand j’arrive enfin à enchaîner un tour propre, sans sortie, sans erreur, je ressens surtout du soulagement. Pas un moment spectaculaire. Pas un « wow », juste cette petite satisfaction discrète qui me fait dire que je progresse.
À la manette, le jeu reste agréable. Les vibrations de la DualSense donnent de bonnes informations. Je sens quand la voiture commence à perdre de l’adhérence. Je sens quand je passe un peu trop fort sur un vibreur. Ce n’est pas aussi précis qu’un volant, j’en suis certain, mais je n’ai jamais eu l’impression que le jeu était injouable sans équipement spécifique.
En revanche, je sens que le jeu est pensé pour être encore plus précis que ce que la manette permet parfois. Dans les voitures les plus puissantes, la moindre petite erreur peut tout faire basculer. Il faut doser, anticiper, corriger en douceur. Ce n’est pas impossible, mais ça demande de la patience.

L’intelligence artificielle ajoute encore à cette exigence. Les adversaires sont très réguliers (souvent trop). Ils suivent leur trajectoire sans trop se tromper. Je n’ai pas souvent vu d’erreurs flagrantes de leur part. Cela rend les courses trop sérieuses, presque trop strictes. Par moments, j’aurais aimé sentir un peu plus d’imprévu, un peu plus d’humanité.
Le mode Carrière apporte une dimension supplémentaire. Ce n’est pas seulement une suite de courses. Il faut gérer un budget, choisir ses engagements, sélectionner des sponsors. Une erreur en piste peut avoir des conséquences. Ça donne du poids à chaque décision et ça pousse à rouler proprement.
Graphiquement, je dois dire que j’ai apprécié l’ensemble. Peut-être que les joueurs les plus exigeants trouveront toujours mieux ailleurs, mais de mon côté, j’ai trouvé les voitures détaillées et les circuits crédibles. La fluidité sur PS5 est stable, et je n’ai pas eu de problème particulier. Rien ne m’a sorti de l’expérience.

Là où le jeu peut surprendre, c’est dans son accessibilité. Il n’y a pas vraiment de tutoriel pour accompagner les nouveaux joueurs. On est rapidement plongé dans le jeu et il faut apprendre par soi-même. Pour un habitué du genre, ce n’est sans doute pas un problème. Pour quelqu’un comme moi, cela demande un énorme temps d’adaptation…
Project Motor Racing n’est clairement pas un jeu « tout public ». Il demande de la rigueur, de la patience et l’envie de s’améliorer. Mais si l’on accepte cette exigence, il offre une expérience solide et cohérente.
Conclusion
Project Motor Racing est une simulation exigeante, parfois frustrante, mais cohérente dans sa proposition. Il ne cherche pas à plaire à tout le monde, ni à simplifier les choses pour séduire les joueurs occasionnels. Il assume son positionnement et demande de la précision.
À la manette, l’expérience reste solide et parfaitement jouable. Je n’ai jamais eu l’impression d’être complètement bloqué par l’absence de volant, même si je suis convaincu qu’un équipement adapté doit offrir une immersion encore plus poussée. C’est d’ailleurs peut-être le seul vrai regret que je garde après ce test : ne pas avoir pu l’essayer dans ces conditions.
Ce n’est pas un jeu que je lancerai pour me détendre sans réfléchir. Il demande de la concentration, de la rigueur et une vraie envie de progresser. Les néophytes risquent d’être surpris (parfois déçus) par son exigence et par l’absence de véritable accompagnement au départ.
En revanche, si vous cherchez une simulation sérieuse, structurée, qui récompense la précision et la patience, Project Motor Racing mérite clairement votre attention.
De mon côté, je ne suis pas devenu un pilote professionnel… mais j’ai appris à savourer ces fameux tours propres qui demandent bien plus d’efforts qu’on ne l’imagine. Et rien que pour cette sensation, l’expérience valait le détour (malgré de nombreuses sessions de frustration).
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