Saros : un voyage nerveux et mystérieux sur PS5

Une planète hostile. Une équipe disparue. Une étrange sensation de malaise dès les premières minutes… Saros ne cherche jamais vraiment à rassurer le joueur. Entre combats ultra nerveux, mystères constants et ambiance oppressante, la nouvelle expérience de Housemarque m’a rapidement poussé à vouloir comprendre ce qu’il se passait réellement sur Carcosa…
Recevoir un jeu PlayStation, c’est déjà un petit événement en soi. Mais recevoir Saros dans le cadre de ma toute première collaboration avec PlayStation… forcément, l’expérience avait une saveur particulière. Entre excitation, curiosité et légère pression au moment de lancer le jeu pour la première fois, je savais déjà que cette découverte allait être un peu différente.
Et honnêtement, Saros ne perd pas de temps pour installer son ambiance. Dès les premières minutes, le jeu balance une introduction particulièrement anxiogène autour d’une mission de secours envoyée sur Carcosa, une planète où plus personne ne répond. Une voix sort directement de la DualSense pour parler à Arjun Devraj (notre héros) et murmure quelques phrases tout aussi dérangeantes que mystérieuses… et immédiatement, quelque chose semble profondément mauvais. Pas besoin d’explosion gigantesque ou de scène spectaculaire : l’ambiance seule suffit à mettre mal à l’aise.
Je vais volontairement éviter de spoiler certains éléments importants de Saros, aussi bien dans ce test que dans les captures utilisées pour illustrer l’article. Une grande partie de l’expérience repose justement sur la découverte, les questions que le jeu soulève et cette sensation constante d’avancer dans l’inconnu.
Allez, rentrons dans le sujet sans plus attendre !
L’histoire
Dans Saros, nous incarnons Arjun Devraj, un agent de l’organisation Soltari envoyé sur Carcosa dans le cadre d’une mission de secours particulièrement sensible. Depuis plusieurs jours, plus aucune communication ne semble parvenir des différentes colonies présentes sur la planète. Face à ce silence inquiétant, une nouvelle équipe est alors envoyée afin de comprendre ce qu’il s’est réellement passé… et surtout retrouver d’éventuels survivants.

Mais rapidement, les choses deviennent bien plus étranges que prévu. Entre les phénomènes liés aux éclipses, les créatures hostiles qui peuplent Carcosa et les nombreux mystères entourant les précédentes expéditions, Saros installe progressivement une ambiance particulièrement oppressante. Chaque nouvelle découverte soulève davantage de questions et le jeu semble constamment vouloir brouiller la frontière entre réalité, souvenirs et hallucinations…
Présentation
Saros est un jeu d’action à la troisième personne développé par Housemarque et édité par PlayStation Studios. Disponible exclusivement sur PS5, le titre mise sur une expérience particulièrement nerveuse où mobilité et réflexes occupent une place centrale durant les combats.
Depuis son annonce, beaucoup présentent Saros comme une sorte de « Returnal 2.0« . Une comparaison logique tant les deux jeux partagent l’ADN de Housemarque, notamment dans leur approche du gameplay et leur structure en cycles. Mais de mon côté, je préfère préciser que je n’ai jamais joué à Returnal (ayant eu ma première console de Sony très tardivement)… J’ai donc découvert Saros sans véritable point de comparaison avec les précédentes productions du studio.

Le gameplay repose énormément sur le mouvement. Entre les dashs, les sauts, le bouclier et les différentes armes disponibles, le jeu impose constamment au joueur de rester en action. Une seule seconde d’inattention peut rapidement (et de trop nombreuses fois) se transformer en élimination, surtout durant certaines phases particulièrement intenses…
Saros fonctionne également sous forme de cycles (ou runs). Chaque run fonctionne finalement comme une nouvelle expédition sur Carcosa. On explore différentes zones, on récupère de l’équipement, des ressources et différentes améliorations afin de tenter d’aller le plus loin possible avant qu’une élimination ne relance un nouveau cycle.
Les éclipses occupent également une place importante dans l’expérience. Sans trop en dévoiler, certaines phases rendent le monde beaucoup plus agressif et transforment rapidement les affrontements en véritables moments de tension. L’atmosphère déjà pesante devient alors encore plus oppressante…
Le jeu propose également plusieurs salles optionnelles permettant de récupérer de meilleurs équipements, des bonus ou certaines améliorations particulièrement utiles pour la suite de la run. Et honnêtement… « optionnelles » est probablement un bien grand mot tant certaines d’entre elles deviennent rapidement presque indispensables pour espérer survivre plus longtemps.

Saros pousse également régulièrement le joueur à faire certains choix. Il faut parfois sélectionner une amélioration parmi plusieurs possibilités ou accepter certains bonus particulièrement puissants accompagnés cette fois de contreparties plus handicapantes, notamment durant certaines phases d’éclipse. Une mécanique qui pousse constamment à évaluer le risque avant certains affrontements.
À cela s’ajoute également un système de progression permettant d’améliorer durablement certaines compétences d’Arjun au fil des runs. Une mécanique particulièrement importante tant elle permet progressivement de mieux résister à la difficulté parfois brutale des premières heures.
Le jeu propose également un module permettant d’ajuster l’expérience selon son niveau ou son envie de challenge. Certains rendent l’aventure plus accessible tandis que d’autres augmentent encore davantage la difficulté durant les cycles. Une bonne idée pour permettre à chacun d’adapter progressivement son expérience sans totalement casser l’identité exigeante du jeu !
Côté narration, Saros choisit volontairement de ne pas tout expliquer immédiatement. Le jeu préfère installer des questions, laisser des indices pour que le joueur reconstruise progressivement ce qu’il se passe réellement sur Carcosa au travers d’enregistrements audio, journaux, lettres ou encore dialogues avec les autres membres de notre unité. Une approche qui pourra parfois dérouter, mais qui participe énormément à l’identité du jeu.
Mon avis
Je vais être honnête : les premières heures sur Saros ont été particulièrement compliquées… Et si j’étais quelqu’un d’un peu plus violent, ma DualSense aurait probablement déjà tenté un vol plané à travers le salon… parce que le jeu ne fait absolument aucun cadeau au début !
Entre les ennemis qui attaquent dans tous les sens, les projectiles multicolores qui envahissent (littéralement) rapidement l’écran et l’obligation permanente de rester en mouvement, j’ai enchaîné les morts à une vitesse assez impressionnante. Cette nécessité de mouvement constant m’a d’ailleurs aussi causé pas mal de chutes dans le vide suite à quelques dashs un peu trop incontrôlés… et honnêtement, certaines morts étaient aussi frustrantes que ridicules !
Et pourtant… plus les heures passent, plus quelque chose finit par se mettre en place. Petit à petit, les déplacements deviennent plus naturels, les dashs plus instinctifs, les sauts mieux maîtrisés et le bouclier devient presque indispensable dans certaines situations. Là où les premiers combats semblaient parfois complètement chaotiques, Saros finit progressivement par devenir beaucoup plus fluide manette en main. Une fois le rythme assimilé, les affrontements deviennent même particulièrement satisfaisants. Certains combats ressemblent presque à une danse ultra-agressive où le moindre mauvais timing peut immédiatement mettre fin à une run.
Et c’est probablement là que Saros devient difficile à lâcher. Malgré les nombreuses éliminations et certains moments particulièrement frustrants, j’avais presque systématiquement envie de relancer une nouvelle tentative pour voir ce qui m’attendait dans le cycle suivant…

Mais au-delà des combats, ce qui m’a surtout marqué durant cette aventure, c’est tout le mystère qui entoure Carcosa. Saros ne donne jamais réellement l’impression de raconter son histoire de manière classique. Le jeu préfère laisser des traces, des dialogues, des enregistrements audio ou encore différents éléments à interpréter pour pousser le joueur à reconstruire lui-même une partie du puzzle.
Et honnêtement, même si je ne peux évidemment pas trop en dire sans spoiler, j’ai énormément apprécié cette sensation de découverte permanente. Chaque nouvelle information donne immédiatement envie d’en apprendre davantage sur les colonies, les différentes équipes présentes sur la planète ou encore les événements qui semblent avoir complètement bouleversé cette nouvelle planète. À plusieurs reprises, je me suis surpris à simplement vouloir lancer une nouvelle run dans l’espoir d’obtenir enfin une nouvelle pièce de cette gigantesque intrigue.
Ce que j’ai également beaucoup apprécié, c’est la manière dont Saros laisse volontairement une grande place à l’interprétation. Le jeu donne régulièrement des informations, mais sans forcément apporter immédiatement toutes les réponses. Certains dialogues, certains événements ou même certains détails visuels peuvent clairement être compris de différentes façons selon les joueurs. Et honnêtement, c’est aussi ce qui rend l’univers aussi fascinant à découvrir. Plus l’aventure avance, plus je me suis surpris à essayer de reconstruire certaines pièces du récit, imaginer différentes théories ou simplement tenter de comprendre ce qui était réellement en train de se passer sur Carcosa…
Je craignais d’ailleurs que la structure en cycles du jeu devienne répétitive sur la durée… mais Saros parvient justement à éviter cet écueil grâce aux nombreux changements présents entre chaque tentative. Les environnements évoluent, certaines zones changent, les affrontements ne se déroulent jamais exactement de la même manière et l’exploration conserve constamment une vraie sensation de découverte.

L’ambiance générale joue également énormément dans l’immersion. Carcosa dégage constamment quelque chose de profondément inquiétant. Entre les couleurs très présentes dans certaines zones, les phénomènes liés aux éclipses et l’atmosphère particulièrement pesante du jeu, Saros réussit régulièrement à maintenir une vraie tension même durant les phases plus calmes.
Et finalement, même si la musique reste relativement discrète pendant une bonne partie de l’aventure, l’ambiance sonore fonctionne particulièrement bien. Certains passages deviennent presque oppressants simplement grâce aux bruitages, aux voix, aux silences et aux sons environnementaux présents autour du joueur. Le fait que certaines voix sortent directement de la DualSense renforce d’ailleurs énormément l’immersion durant plusieurs scènes importantes.
Malgré quelques moments de frustration et un début parfois brutal, Saros possède ce petit quelque chose qui pousse constamment à relancer « une dernière run… » avant finalement d’enchaîner plusieurs heures supplémentaires sans vraiment s’en rendre compte. Housemarque réussit ici à proposer une expérience aussi nerveuse qu’intrigante, portée par une ambiance oppressante et une vraie envie de comprendre ce qu’il se passe réellement sur Carcosa.
Conclusion
Saros n’est clairement pas le genre de jeu qui cherche à nous prendre par la main. Son début parfois brutal, ses combats nerveux et son approche volontairement mystérieuse risquent probablement de dérouter une partie des joueurs durant les premières heures. Pourtant, derrière cette difficulté et cette sensation permanente d’inconnu, Housemarque réussit à construire une expérience très prenante !
Entre son gameplay ultra dynamique/nerveux, son ambiance oppressante et cette envie constante de comprendre ce qu’il se passe réellement sur cette planète, Saros possède ce petit quelque chose qui pousse systématiquement à relancer une nouvelle tentative. Plus les cycles s’enchaînent, plus l’univers devient fascinant… et plus il devient difficile de lâcher la manette.
Si vous appréciez les jeux exigeants, les univers de science-fiction mystérieux et les expériences qui laissent volontairement une place importante à l’interprétation, Saros mérite clairement votre attention. Et honnêtement, pour une première découverte de l’univers Housemarque et une première collaboration avec PlayStation de mon côté… difficile de ne pas ressortir marqué par cette aventure !
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