Marvel’s Wolverine : le défouloir sanglant que j’attendais sur PS5

Des griffes en adamantium, une rage difficile à contenir et un héros qui encaisse tout sans jamais vraiment tomber… Avec Marvel’s Wolverine, Insomniac Games signe un jeu brutal, sanglant et terriblement défoulant, qui ne cherche jamais à être autre chose. Et c’est exactement ce que j’attendais !
Wolverine fait clairement partie des personnages qui ont marqué mon adolescence. À l’époque, les films de super-héros restaient rares, et les X-Men avec Hugh Jackman faisaient partie des quelques films que l’on pouvait vraiment se mettre sous la dent… Alors quand Insomniac s’est attaqué au mutant griffu, après m’avoir déjà conquis avec ses Spider-Man (grandement aidés par la VF de Donald Reignoux ?), difficile de ne pas compter les jours jusqu’au 15 septembre.
Cette fois, pas de collaboration ni d’exemplaire presse : j’ai acheté le jeu moi-même et je l’ai parcouru de bout en bout sur PS5 (et un peu sur le PlayStation Portal, avant de dormir).
Je vais évidemment vous en parler en détail, mais sans rien dévoiler de l’essentiel : l’intrigue. Une bonne partie du plaisir repose justement sur la découverte de ce que cachent le passé et le présent de Logan…
Allez, sortons les griffes et entrons dans le vif du sujet !
L’histoire
Logan pensait en avoir fini avec son identité de Wolverine, mais le passé n’en avait pas fini avec lui.
Trois ans après avoir quitté son équipe, Wolverine réintègre la Team X, une unité d’intervention mutante qui se trouve dans une situation dramatique.
Convaincu de la supériorité de la race humaine, Bolivar Trask a commencé à kidnapper des mutants, et seul Wolverine peut les sauver.
Wolverine doit alors faire équipe avec d’autres mutants pour défendre le futur dans différents pays, dont le Canada, le Japon et la nation insulaire de Madripoor, imaginée par Marvel.
Le sort des humains et des mutants étant en jeu, Logan sait que le monde a besoin d’un héros. Néanmoins, le monde devra se contenter de Wolverine.
Dans Marvel’s Wolverine, on retrouve un Logan qui pensait avoir définitivement tourné la page. Trois ans après avoir quitté la Team X, il se voit pourtant rattrapé par un passé qui refuse de le laisser tranquille… Pendant son absence, Bolivar Trask s’est lancé dans une véritable croisade. Persuadé que les humains sont supérieurs, il fait enlever des mutants les uns après les autres.
Wolverine n’a donc pas vraiment le choix. Aux côtés d’autres mutants, il part sur les traces de Trask à travers plusieurs pays, du Canada au Japon, en passant par Madripoor, une île imaginaire tout droit sortie de l’univers Marvel.

Derrière l’action, on retrouve des thèmes qui collent parfaitement au personnage : une identité que l’on voudrait fuir, un passé qui finit toujours par revenir et cette éternelle fracture entre humains et mutants. Logan n’a rien du héros idéal… et c’est justement ce que le jeu assume dès sa présentation.
Présentation
Marvel’s Wolverine est un jeu d’action-aventure à la troisième personne développé par Insomniac Games, le studio derrière la série Marvel’s Spider-Man, en collaboration avec Marvel Games. Disponible depuis le 15 septembre exclusivement sur PS5, il propose une aventure entièrement solo, sans aucune composante en ligne.
Contrairement aux Spider-Man du studio, pas de grande ville ouverte ici. L’aventure emmène Logan aux quatre coins du monde, du Canada au Japon jusqu’à Madripoor, à travers une succession de zones semi-ouvertes. On peut s’y écarter un peu du chemin, mais la progression reste guidée : véhicules qui bloquent le passage, traînées à suivre… le jeu sait toujours où il veut nous emmener.

Le cœur du gameplay, ce sont évidemment les griffes. Les combats au corps à corps reposent sur un enchaînement d’attaques rapides, d’esquives et de parades, avec une jauge de rage en trois barres qui se remplit au fil des affrontements. La troisième déclenche un état de rage ultime, limité dans le temps, durant lequel Logan peut enchaîner les exécutions. Cette jauge sert aussi de filet de sécurité grâce à un système de seconde chance : si Logan tombe alors qu’au moins une barre est pleine, son facteur de guérison prend le relais et il repart au combat… mais toutes les barres accumulées sont alors consommées. Les parades ne servent d’ailleurs pas qu’à se protéger : elles permettent aussi de récupérer de la vie ou de faire grimper la rage.
En dehors de la seconde chance, ce facteur de guérison agit de façon plus passive. Au fil des coups encaissés, le corps de Logan se dégrade à vue d’œil : son costume se déchire, des plaies profondes apparaissent, certaines allant jusqu’à le transpercer de part en part, et ses côtes en adamantium finissent même par se dévoiler par endroits. Puis, une fois hors combat, tout se régénère progressivement, comme si de rien n’était.

Côté progression, on retrouve un arbre de talents ainsi que des compétences spéciales liées au passé de Logan. Elles se débloquent dans la Cabane du Cauchemar, à travers des missions Cauchemar : courses, survie face à des vagues d’ennemis, etc. L’exploration a aussi son utilité : les matériaux ramassés en chemin permettent de fabriquer de nouveaux costumes, dont certains nettement plus décalés que d’autres. Chaque tenue ajoutée à l’album augmente la santé maximale de Logan, une bonne raison de fouiller un peu plus les zones. Une fois l’histoire terminée, la cabane devient aussi le point central du contenu de fin de partie : rejouer les missions, enchaîner les missions Cauchemar ou lancer un New Game Plus.
Clairement destiné à un public adulte, le jeu assume une violence très graphique. Il propose toutefois des options pour l’adapter : des préréglages de violence et des réglages séparés pour le sang, le démembrement et les blessures visibles de Logan. D’autres options permettent d’ajuster la difficulté ou les fenêtres de timing des esquives et des parades.

En version originale, Logan est incarné par Liam McIntyre, en voix comme en motion capture. En version française, on retrouve Jérémie Covillault, déjà voix française de Hugh Jackman dans Logan et Deadpool et Wolverine.
Comptez environ 16 heures pour boucler l’histoire principale (c’est en tout cas le temps qu’il m’a fallu).
Mon avis sur Marvel’s Wolverine
Ce qui m’a clairement marqué manette en main, c’est le poids de ce Wolverine. Chaque mouvement semble lourd, chaque coup porte, et Logan avance dans les combats comme une véritable force de la nature, voire simplement comme une bête/un animal. Le dynamisme des affrontements, cette rage qui monte au fil des coups et cette impression d’être pratiquement indestructible… Insomniac a parfaitement compris ce que l’on attend d’un jeu Wolverine. Et ce côté défouloir est un vrai plaisir !
La jauge de rage change d’ailleurs complètement la façon d’aborder les affrontements. Pour profiter de la seconde chance, il faut qu’au moins une barre soit remplie… sinon, c’est le game over. Résultat : même quand on voit sa vie baisser dangereusement, on est poussé à attaquer encore et encore, en alternant coups et esquives pour faire grimper la rage. Une mécanique qui met une vraie pression pendant les combats difficiles, et qui colle bien à l’esprit du personnage.


Évidemment, ce plaisir passe aussi par une violence que le jeu ne cherche jamais à cacher. Le sang coule à flots, parfois même un peu plus que raisonnable… mais c’est justement tout l’intérêt. Un Wolverine trop clean n’aurait tout simplement pas eu le même impact.
Ce que j’ai particulièrement adoré, c’est la manière dont le jeu traduit l’état de Logan directement sur son corps. On voit vraiment l’impact des combats, et surtout, on le ressent. Un passage qui m’a marqué (sans trop en dévoiler) : Logan doit avancer dans le tunnel d’un propulseur, au cœur d’une chaleur extrême. À chaque pas, on voit et on sent le personnage se détériorer un peu plus, à la limite de l’agonie… avant qu’il ne se régénère une fois la menace supprimée. C’est tellement bien fait !

Mais tout n’est pas parfait pour autant. Mon principal reproche concerne la place des parades. Je comprends qu’il en faille (bon, il en faut bien un peu…), mais elles reviennent un peu trop souvent et cassent ce côté « je débarque comme une grosse brute et je tranche tout le monde ». Lorsque cinq ou six ennemis nous encerclent, on passe souvent un long moment à simplement parer leurs attaques avant de réussir à en placer une. Au début, ça m’a même semblé contradictoire avec la jauge de rage, qui pousse justement à attaquer sans arrêt. Et pourtant, une fois qu’on comprend que les parades permettent aussi de récupérer de la vie ou de faire grimper la rage, tout devient plus cohérent… même si le côté grosse brute en prend toujours un petit coup…
Le jeu est aussi très scripté, très hollywoodien. Certains y verront un manque de liberté, mais de mon côté, j’en ai pris plein les yeux. Beaucoup ont d’ailleurs regretté que le jeu ne soit pas un monde ouvert comme les Spider-Man, au point de crier à l’hérésie face aux jeux actuels. Je comprends cette attente, mais là où Spidey reste dans sa ville tout au long de l’aventure, Logan voyage énormément à travers le monde. Et puis, faire un monde ouvert juste pour avoir un monde ouvert, ça ne sert vraiment à rien. Les zones semi-ouvertes me paraissent donc un choix logique, même si l’on sent constamment la main du jeu qui nous dirige.

Ce ton très adulte pose forcément la question du public. Ezio, mon aîné, a voulu y jouer… et il a pu prendre un peu le jeu en main grâce aux options qui retirent le sang, les démembrements et les blessures de Logan. Sans elles, il n’y aurait clairement pas touché une seule seconde. Oui, je sais ce que vous allez me dire : « Comment peut-on laisser un enfant… » Le jeu vidéo a ses limites et ses règles, mais je reste convaincu que l’accompagnement fait aussi partie du rôle des parents : montrer et expérimenter ensemble plutôt qu’interdire fermement sans réfléchir. Hum… chacun reste évidemment libre de faire ses propres choix ! 😉
Côté interprétation, ne pas retrouver Hugh Jackman m’a fait un peu bizarre au départ… c’est lui, le Wolverine originel. Et pourtant, on s’y fait très vite. Liam McIntyre, que j’avais découvert dans la série Spartacus, livre une performance en motion et face capture qui lui va comme un gant, et il apporte un vrai renouveau au personnage. En VF, Jérémie Covillault fait le lien de la plus belle des manières. Déjà voix française de Hugh Jackman dans Logan et Deadpool et Wolverine, il rend la transition totalement naturelle, et je ne pouvais pas me priver de son expérience.


Côté durée, il m’a fallu environ 16 heures pour voir le générique, et je trouve ça parfait. Je commence à ne plus supporter les jeux à rallonge. Passer 150 heures sur un titre dont 80 % du contenu repose sur des quêtes annexes, ce n’est plus pour moi, aussi bien pour le temps que je peux y consacrer que parce que je me lasse vite quand ça s’éternise. Techniquement, je n’ai rencontré aucun bug, ni sur PS5 ni sur le Portal.
Quant à la fin, elle m’a satisfait. Quand on connaît un peu l’univers des X-Men, on devine assez vite vers où l’histoire peut aller… mais le jeu réserve tout de même quelques surprises inattendues, et fort heureusement ! Une fois le générique passé, la Cabane du Cauchemar, l’arbre de talents et les costumes à collectionner (dont certains franchement loufoques) offrent de quoi prolonger l’aventure.
Conclusion
Marvel’s Wolverine n’est clairement pas le jeu le plus libre qui soit. Très scripté, guidé du début à la fin et parfois un peu trop porté sur les parades, il risque de laisser sur leur faim ceux qui espéraient un monde ouvert à la Spider-Man. Pourtant, une fois les griffes sorties, difficile de ne pas se laisser emporter : Insomniac signe un jeu brutal, porté par un Logan qui encaisse, saigne et se relève comme jamais.
Entre ses combats lourds et défoulants, un facteur de guérison mis en scène de façon impressionnante et une aventure d’environ 16 heures qui ne s’éternise pas, le jeu va droit à l’essentiel. Et ses options pour atténuer la violence permettent même de l’aborder avec un peu plus de souplesse, à condition d’accompagner les plus jeunes.
Si vous êtes fan de Wolverine, des X-Men ou des productions Insomniac, et que vous cherchez un vrai jeu défouloir qui n’a pas peur du sang, Marvel’s Wolverine mérite clairement sa place dans votre ludothèque. De mon côté, les scènes post-générique laissent entrevoir la possibilité d’une suite. Petit conseil au passage : ne faites pas l’impasse sur les missions Cauchemar pendant l’aventure, la seconde scène ne se débloque qu’une fois le jeu terminé avec au moins un bronze sur chacune d’entre elles ! Vu le plaisir pris sur cette aventure, difficile de ne pas espérer un second opus…


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